Critique – Aven Colony, sur Steam

Aven Prime, une planète aux ressources importantes, à la végétation florissante, fournies de micro-climats pareils à ceux de la Terre et pourtant à l’air irrespirable et dépourvue de vie intelligente. C’est ici, que la prochaine arche de l’humanité décide de s’installer et c’est vous, qui allez devoir prendre les commandes de l’installation des premières infrastructures et colonies humaines. C’est du moins le topo de base d’Aven colony, premier jeu du studio Mothership Entertainment, lui-même composé de quatre vétérans ayant travaillés pour de grandes licences, rien de moins que Metroid prime, Fable, Star Wars the old republic ou encore Dungeon Siege. Fort de cette expérience et de quatre ans de développement, voici que sort Aven, un jeu de Gestion et Construction de Cité sauce Science Fiction lointaine.

Le Gameplay

Dans un city builder, l’histoire peut se contenter d’être un bac à sable et la bande son suffisamment absente pour vous y tenir plusieurs heures. Le point le plus important serait sans conteste la profondeur du Gameplay et son paysage de décisions, se devant d’être important numériquement comme en terme d’impact, sans perdre de vue la profondeur et la richesse. Cela tombe bien, car c’est justement ce que promet le studio Mothership avec Aven Colony !

Le gameplay d’Aven Colony s’articule autour de fondamentaux bien connus du genre. Dans un premier temps, il conviendra de fournir des ressources de constructions et réparations, fournies par les mines de fer et synthétiseurs de nanites, de produire de l’électricité, extraire de l’eau et cultiver la terre. La qualité de l’air sera donc la seule « nouveauté » par rapport aux vieux classiques du genre qui eux ne se situaient pas sur une autre planète.

Lorsque la colonie s’avère plus avancée, plusieurs choses seront alors à prendre en compte: le régime alimentaire de vos colons devra être plus varié via la production de différentes denrées dans vos fermes et serres. Il sera aussi possible de produire des biens de consommations pour les rendre plus heureux. Enfin, il conviendra de prêter attention à la santé et la sécurité de vos colons. Mais, c’est à ce moment de vos parties que vous commencerez à chercher et désirer la profondeur de gameplay. Le petit plus qu’un jeu de 2017 devrait avoir, par exemple, aux anciens titres tel que ceux d’Impressions Games (fin 1990 début 2000) mais non. Pour gérer la sécurité, un poste de police par secteur sera suffisant, pareil pour la santé.

Affligeant

L’arrivée des colons se fait aussi sans plus de profondeur comme un autre jeu de gestion, un Pharaon ou Caesar : vous ouvrez votre centre d’immigration et n’avez aucun choix sur qui ou combien de colons arrivent, juste petit à petit selon les places disponibles dans vos maisons. Et c’est triste à en mourir, les jeux Tropico, PlanetBase sont deux exemples modernes très réussis en la matière : le premier réagira à la situation, si vous n’avez pas assez d’habitations, vos habitants seront à la rue, engendrant de nombreux problèmes, tandis que le second vous permet de demander des spécialistes spécifiques dans chaque métier possible du jeu. Si Aven voulait nous proposer de la profondeur et du choix, c’était le moment ou jamais de faire au minimum aussi bien que des jeux plus vieux de deux ou trois ans.

Mais non…

Cette déception née, ne fera que croître, au plus vous jouerez, au plus vous remarquerez toutes les petites imperfections du jeu. Une autre notable pour l’exemple, celle des entrepôts, à l’inverse de nouveaux titres, les grands classiques comme avec Le maître de l’Olympe, Zeus ou Ymir : vous n’aurez aucun intérêt à décider que telle ou telle ressource soit acceptée ou refusée dans vos entrepôts. Puisque celles-ci sont instantanément téléportées de l’endroit de production vers le stockage et du lieu de réserve vers celui de consommation ou de transformation. Ce que ça implique ? Moins de choix et moins d’intérêt à bien concevoir vos routes et à faire vos bâtiments proches, d’autres pour éviter des trajets complexes. Sur un petit point de gameplay tel que celui-ci, Aven parvient à faire moins bien que ses tendant sous Windows 32bits du siècle dernier et c’est vraiment malheureux.

L’unique profondeur originale dans le jeu, sera proposée via le centre de recherche, l’usine chimique et la raffinerie, trois bâtiments vous permettront de chercher des technologies et brevets puis de combiner des ressources, dont certaines de prime abord inutiles pour en faire de la nourriture complexe ou des biens de consommation. Le souci principal de cette composante de gameplay reposera dans le fait qu’elle est inutile. Les biens de consommation rendront votre peuple heureux pour qu’ils vous réélisent. Hors, ils ne sont pas nécessaires pour que votre peuple soit dans d’assez bonnes conditions. Et pour la nourriture complexe, si vous produisez déjà assez de légumes différents, vos colons aurons assez de variétés alimentaire pour ne pas être en très mauvaise santé.

Alors oui, vous l’avez vu, on parle d’élections. Mais si vous avez joué à Tropico, Aven fera encore preuve de bien peu d’ambitions ! Là où vous pouvez gérer, emprisonner, soudoyer, assassiner vos opposants politiques, ici, vous pourrez établir la loi martiale le temps de rétablir les fondamentaux de votre cité. Cela fait, 60 à 70% des gens qui seront satisfaits de votre travail. Donc, il suffit de bien jouer pour ne pas se soucier ni des biens de consommation, ni des transformations alimentaires, pas plus des élections et encore moins du point suivant : la défense de votre base !

Car oui, un aspect souvent oublié des city builders, c’est la guerre. Pourtant, des jeux Sierra de l’an 2000 à tous ceux cités dans ce test, ont une composante militaire. Avec un aspect de gestion pas toujours réussi, mais ayant le mérite d’être intéressant. Ici, ce n’est pas le cas. Concrètement, dans vos parties, quatre choses extérieures seront dangereuses : la foudre. Il suffira alors de faire un paratonnerre par zone. Les spores infectieuses : des lasers et des hôpitaux suffiront. Des rebelles et des aliens hostiles dans des vaisseaux qui vous bombarderont : là encore, les lasers suffiront. Concrètement ? Comme pour le point précédent, il suffira d’avoir mis un laser par zone pour ne plus rien avoir à gérer lors des différentes crises hostiles.

Le dernier point est si oubliable qu’on a failli ne même pas en parler. Tendant vers une approche du genre 4x, de manière tellement insipide qu’il sera facile d’en faire le tour. Une mappemonde vous permettra d’aller sur des points d’intérêts apparaissant aléatoirement. Vous pourrez alors envoyer un véhicule sauver des colons égarés (et il y en a sacrément souvent pour une colonie où les gens vivent constamment enfermés dans des zones sous oxygène artificiel.), explorer des points d’intérêts donnant des nanites (pour quelle raison logique ?) ou combattre des rebelles et détruire des nids de spores. Bien sur il s’agira d’une image de votre véhicule sur la carte du monde et vous n’aurez ni le compte-rendu de la bataille ni l’opportunité d’y gérer quoi que ce soit. Sur cette même vision satellite, vous pourrez à haut niveau, construire des mini bases de colons que là encore vous ne verrez qu’ en miniature sur la mappemonde. Celles-ci vous permettant de construire une centrale, des tourelles défensives pour prévenir des différentes attaques avant qu’elles ne soient sur votre ville, etc. Une bonne idée très sous-exploitée. On aurait aimé par exemple, pouvoir construire intégralement ses petites bases et aller et venir de l’une à l’autre ou que cela ouvre des routes commerciales spécifiques. Ce que font très bien de nombreux autres jeux de gestion (le dernier Sim City ou ceux d’impressions games).

 

L’histoire

On retiendra surtout qu’Aven a une histoire. Malheureusement, elle n’est pas très intéressante et devoir mettre sur pause pour lire les dialogues avant qu’ils ne disparaissent n’est pas agréable, c’est même terriblement frustrant lorsque vous êtes en pleine crise, vous voudrez tout, sauf lire ces satanés dialogues peu intéressants et tentant tant bien que mal, de donner l’impression d’une avancée justifiée dans vos parties. Par ailleurs, à aucun moment il ne vous sera demandé de faire des choix scénaristiques qui auraient pu facilement apporter de l’intérêt au background mais aussi au jeu lui-même. Non, ici, il faudra vous contenter d’une suite de blabla doublé uniquement en anglais et prévu pour être écouté plutôt que lu. C’est dommageable d’autant que le système narratif inter-mission, au calme donc, ce serait bien plus prêté à la forme choisie.

Graphisme et Bande Son

Aven Colony est un jeu sous Unreal Engine 4, un moteur utilisé pour les Mass Effect, Yoshi Crafted World et les non moins connus Borderlands. C’est donc une valeur sûre ! Quoi que le dernier Yoshi soit assez fade, la plupart des licences l’employant font un travail assez somptueux et n’en déplaise aux 4k-extremes, pour un city builder, Aven est magnifique ! Alors oui, les personnages dont on suit l’histoire sont assez vides, leurs tenues spatiales sont plus proches de fringues d’hôpitaux que d’un space opera. Les skins des bâtiments sont entre le moderne « design » et une vision assez proche et fade du futur. Mais les environnements, la profondeur de champ, les ombrages, la végétation, les vers des sables gargantuesques, en somme, tout ce que nous allons coloniser avec nos bâtiments moches s’avère être vraiment très beau ! Fort heureusement pour cette végétation, le jeu ne permet pas de construire plus de 300 bâtiments. Et fort malheureusement pour nous, cette limite s’atteint très bien et pourras engendrer des baisses de framerate importante si votre config PC n’est pas solide !

La bande son est plutôt cohérente, s’énervant quand il le faut sans devenir une vraie musique d’action d’un film sur les Avengers, restant assez discrète aussi. Parce-qu’un jeu de construction de cité se doit d’être chronophage et pour l’être, les musiques doivent être bonnes et discrètes de sorte à ne pas y prêter une attention trop importante et que jamais elles ne deviennent répétitives. Sur ce point, Aven fait le taf. Avec ses moments épiques et ses phases chill, vous laissant libre loisir de réfléchir. Les effets sonores des drones, de la météo et de tout ce qui composera la vie de votre base sont aussi très bien rendus.

CONCLUSION

Loin d’être un mauvais jeu, Aven Colony n’est néanmoins pas un best seller comme pourraient en être tagués de nombreux concurrents. Ayant fait le choix du city-builder à la sauce SimCity / City Skyline, on regrettera l’absence de vie dans des cités bien trop robotisées et dont la gestion ne s’attarde pas assez sur ses habitants. Ceux-ci ne pouvant pas vieillir, pas avoir d’enfants, etc. La richesse graphique du titre ne le sauve pas, de son manque de cohérence, ses approximations nombreuses de gameplay et encore moins de sa rapide automatisation le rendant ennuyeux mais correcte.

Note: 12.4/20

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