Cyber Shadow – L’exigence ou la frustration ?

Note : 15/20

L’un des jeux indé les plus attendus de 2021 et assurément le plus attendu de ce début d’année et dont on a longuement parlé lors de notre première édition du Club Indé, arrive demain, mardi 26 janvier 2021 sur Nintendo Switch, PS4 et 5, Xbox Series et PC via Steam le tout en sortie mondiale.

Retrouvez également une synthèse de ce test en vidéo sur la chaine des Share Players :

Développé par Mechanical Head Studio qui réprésente en réalité un seul développeur : Le finlandais Aarne Hunziker. Cet action plateformeur, side scrolleur 8-bit ou jeu d’aventure « à l’ancienne » est édité par Yacht Club Games, qui avaient développé le tant acclamé Shovel Knight.

Notons que le jeu n’est pas (encore ?) disponible en version boite et ne pourra donc être acheté qu’en démat’. Le prix conseillé par l’éditeur est de 19.99$ soit 19.99€ dans le vieux continent. Cela dit vous pourrez y jouer sans surcout grâce au Gamepass qui l’inclut day one dans son catalogue. Et suite à un accord entre l’éditeur et Nintendo, le jeu est en promo à 14.99 si vous le précommandez. Le jeu sortant officiellement dés demain, l’offre se termine donc aujourd’hui.

Comme son nom l’indique Cyber Shadow s’inscrit dans le genre Cyber Punk. Il raconte l’histoire d’un monde qui a sombré dans le mal depuis qu’un certain Dr Progen a créé une armée de soldats synthétique. Sans en révéler plus sachez simplement qu’on incarne Shadow qui s’embarque dans une quête pour connaitre la vérité à propos de son clan et de Mekacity, la ville en ruine où tout le jeu se déroule.

L’histoire est finalement anecdotique même si elle reste plutôt plaisante à suivre car elle nous est narré grâce à des cinématiques joliment animées et des dialogues in game simples mais efficace.

On note les inspirations du jeu dans son gameplay même, le side scroller exigeant qu’il est s’inscrit dans la droite lignée des Ninja Gaiden et Mega Man. Ou dans une certaine mesure le récent The Messenger même s’il est quand même bien plus corsé. Des éléments Roguelite sont présents et tentent de faciliter l’aventure mais ce n’est pas vraiment là ou le jeu brille. Le bébé de Mechanical Head Studio utilise aussi des mécaniques à la MetroidVania. Cyber Shadow possède également une filiation évidente avec les Souls.

Les animations fluides et modernes n’entravent pas l’exigence au pixel prêt des phases de plateforme définitivement relevées. A noter que le héro n’est pas capable de se baisser. Il rester sur un seul plan. Ce n’est pas anecdotique puisque le gameplay joue constamment sur des codes bien connus pour tromper le joueur.

L’aspect Roguelite est à mon sens raté puisque dans de nombreux cas l’utilisation de pièces pour faciliter une zone avec des bonus ne servira pas vraiment puisque ces zones entre checkpoint sont très longues et vous mourrez toujours vers la fin de ces zones où vos bonus se seront souvent estompées depuis bien longtemps. Il reste tout de même certaines exception ou le regain de vie, d’esprit ou d’objet bonus récupérés via une sorte d’imprimante 3D comme des pistolets, boucliers, récupérateur d’esprit, lame et d’autres encore, vous aideront grandement à aborder quelques zones.

Les possibilités de gameplay s’étoffent de chapitre en chapitre. Littéralement. Vous apprendre même une nouvelle technique au 11ème et dernier chapitre du jeu. Cyber Shadow n’est vraiment pas répétitif. Ainsi vous débloquerez plusieurs aptitudes au fil de votre progression qui sont assimilées à des techniques ancestrales de votre clan :

Kunai

Flamme ascendante Attaque au sol

Frappe aerienne

Glissade

Amélioration du katana

La parade

Sprint

Le tout pouvant être combiné pour offrir d’autres possibilités de gameplay que nous vous laisserons découvrir en jeu.

Si à l’inverse des productions Nes dont il s’inspire le jeu parvient à renouveler constamment son gameplay, la contre partie de ce système de progression est que les premiers chapitres paraissent creux, rigides et pauvres en terme de gameplay. Au premier chapitre vous ne serez par exemple même pas capable de jeter un Kunai ou de grimper un mur.

Une fois ces aptitudes débloquées, elles vont demanderont d’utiliser des barres de votre jauge d’esprit pour vous en servir. Une jauge améliorable en trouvant des éléments bleus. De la même façon, votre barre de santé est améliorable en trouvant 3 éléments orange ou en battant certains boss.

L’aspect Metroidvania du jeu que nous avons évoqué n’implique pas vraiment de backtracking nécessaire à l’histoire ni même à la progression. Le jeu vous incite à revenir sur vos pas via une console qui affiche le taux de complétion de chaque chapitre et vous permet de vous y rendre en un instant. On ne saurait que trop vous conseiller de l’utiliser dés que possible, vous pourrez alors améliorer vos jauges de Santé et d’Esprit en accédants à des nouvelles zones de ces chapitres à l’aide de vos nouveaux pouvoirs. Et le jeu vous récompensera avec de nombreux éléments du scénario facultatifs.

La filiation avec les Souls que nous mentionnons en début de test se ressent dans la conception même du jeu. Outre la difficulté accrue, la progression basée sur votre connaissance des zones, où vous mourrez et recommencerez en refaisant parfois des dizaines de fois la même zone maitrisant parfaitement chaque recoin de Mekacity, au fur et à mesure de vos morts, au pixel prêt. Ce sentiment de pouvoir les passer les yeux fermés. Les checkpoints sont placés juste avant l’entrée dans la prochaine zone ce qui nous fait encore penser aux checkpoints des Souls situés juste avant les nuages. Le fait que certains élément scénaristiques sont à chercher par le joueur lui sont offert comme une récompense à son exploration et sa perspicacité nous rapelle là encore la narration présente dans les souls. Enfin et toujours sans spoil, le boss de fin, tradition ancestrale du jeu video qui se perd parfois, est totalement dans le thème avec ses 3 phases distinctes aucunement entrecoupées de checkpoints.

Vous rencontrerez une quinzaine de boss au cours de votre aventure. Des boss aux designs soignés. Intimidant de prime abord, ils n’entraveront aucunement votre progression puisqu’ils sont assez simple à aborder.

La DA est rafraichissante même si on a de plus en plus de jeu en 8bit. Elle nous fait fortement penser à celle des anciens Batman à l’ambiance très sombre.

Le scénario à mi chemin entre Cyberpunk 2077 et Final Fantasy est finalement très peu inspiré et n’a que très peu de portée. A l’exception d’Exo, les personnages que l’on rencontre sont vites oubliés.

Les musiques d’Enrique Martin sont très bonnes et cohérentes avec l’univers. Elle rythment bien notre aventure y compris le silence annonçant des moments narratifs forts et certaines sont vraiment excellentes. On pense notamment à celle qui rythme un combat de boss sous la pluie.

Côté durée de vie vous vous embarquerez pour une aventure d’une quinzaine d’heures qui se renouvelle sans cesse. Ce qui est très honorable.

L’IA reste pour moi le gros bémol du jeu, car si les joueurs peuvent être piégés et amenés à mourrir par des zones longuettes ainsi que via leurs connaissances des jeux de plateformes il y a quelques moments et ennemis qui ont l’air de faire l’input reading (ils lisent vos commandes et attaquent en conséquence) ce qui fait naître un sentiment d’injustice chez le joueur.

On notera que le jeu présente uniquement un mode normal. Une précision qui pourrait nous laisser penser qu’une mise à jour sous forme de DLC payant ou non pourrait arriver avec des modes plus ou moins compliqués.

En définitive la dernière production de Mechanical Head Studios présente un gameplay profond, poussé, précis et qui se renouvelle constamment. Le jeu s’étoffe de chapître en chapître mais donne en contre partie une impression de progression lente. Le scénario est anecdotique et l’IA est parfis injuste. Voilà pourquoi Cyber Shadow récolte un solide 15/20 pour un jeu exigeant qui peut parfois se révéler frustrant. Un jeu à ne pas mettre entre toutes les mains mais qui ravira les amateurs de challenge bien corsé.

Et pour vous récompenser d’avoir réaliser quelque chose qui se fait de moins en moins, soir d’avoir lu ce test jusqu’à la fin voici en exclusivité les 12 premières minutes du jeu en français !

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